31 août 2011

Chong Kneas

J’ai longtemps hésité à écrire sur le massacre de Chong Kneas. D’abord parce que la mémoire humaine étant ce qu’elle est, enfouissant toujours au plus profond les souvenirs les plus insupportables, je ne me souviens aujourd’hui que de quelques bribes de cet événement; mais aussi parce que je ne suis pas très fier de moi dans cette affaire;  jamais je n’ai été aussi impuissant, aussi inutile – voire, aussi parasite ! – qu’en ce lieu de drame. Enfin, voulant dédier ce blog au vécu humanitaire, je me demandais si j’étais toujours dans mon sujet: avec ce massacre en effet, les limites de l’humanitaire sont dépassées ; on entre dans la sphère du politique et du militaire.

Alors pourquoi finalement décider d’écrire sur ce triste événement ? Pour témoigner d’abord, mais aussi pour tâcher d’en tirer des leçons, puisque c’est aussi un des objectifs de ce blog.

Voici donc les faits, en tout cas tels que je me les remémore, et supportés par les photos que j’en ai gardées.


11 mars 1993, Siem Reap, Cambodge – Lorsque j’arrive ce matin-là à mon bureau, au QG provincial des Nations Unies (APRONUC), je trouve le lieu en effervescence: mes collègues policiers m’annoncent la nouvelle : dans la nuit les Khmers Rouges ont attaqué le petit village flottant de Chong Kneas, sur le Grand Lac (le Tonle Sap).  Ce village est un village de pauvres pêcheurs qui ont le "tord" d’être vietnamiens, ennemis jurés des Khmers Rouges. Ces pauvres gens constituent une cible facile et de choix pour les khmers rouges puisqu’en les attaquant, ils braquent les médias cambodgiens et du monde entier sur le lieu, et "démontrent" ainsi ce qu’ils prétendent depuis toujours  avec véhémence: que le Cambodge est totalement envahi de Vietnamiens qui exploitent sans vergogne les meilleures ressources du pays, comme le poisson du Tonle Sap, le grand lac mythique au cœur du Cambodge! 

Je récupère mon assistant, et nous fonçons sur la route 63 qui relie Siem Reap au Tonle Sap; au pied du mont Phnom Krom, nous virons à gauche et descendons plein sud vers le Grand Lac. Arrivés au village de pêcheurs cambodgiens nous affrétons une petite barque à moteur que nous louons avec son propriétaire, pour mettre cap aussitôt sur la cité lacustre vietnamienne sinistrée.

Après quelques quinze à vingt minutes de navigation, et alors que nous approchons du village, nous commençons à apercevoir puis dépasser des cadavres flottant à la surface de l’eau. Des zodiacs aux couleurs de l’APRONUC de la Royal Navy britannique déjà zigzaguent à toute vitesse entre les barques et tentent de récupérer les corps. Au fur et à mesure que nous approchons du village flottant, des cris et des pleurs se font entendre de manière de plus en plus distincte. Nous dépassons des barques sur lesquelles des femmes épleurées plongent le regard dans les profondeurs de l’eau dans une recherche désespérée de quelque chose, avec des cris déchirants en vietnamien que je ne comprends pas. Nous nous préparons au pire…

Le village est constitué d’une petite flotte de barques reliées entre elles par des cordages. Chaque barque abrite une famille sous un petit habitacle de bois, trop bas de plafond pour pouvoir s’y tenir debout. Nous appontons la barque la plus large d’où émanent pleurs et lamentations. A peine sommes-nous hissés à bord, qu’il nous faut enjamber un cadavre, partiellement recouvert d’une couverture, d’où dépasse une main ensanglantée.

Mon assistant, Ly Sophat, et moi, pénétrons dans une large salle flottante ; le sang y est partout, et au sol reposent les corps de ce qui semble être une famille entière: le père, la mère, une petite fille, un jeune garçon, un bébé…  On nous explique : il s’agit de la plus grande salle du village flottant, c’est ici que les villageois se retrouvent le soir pour regarder la télévision et se distraire un peu. Les Khmers Rouges avaient donc bien préparé leur raid, car c’est par cette salle qu’ils ont commencé le carnage, faisant irruption quand la salle était pleine ; ils ont alors tué, tué, tué. La télévision a explosée, traversé par une balle, mais je suis surpris de voir que les murs ne sont pas tant criblés de balles qu’un tel massacre pourrait laisser supposer. En fait, en regardant les corps de cette pauvre famille au sol - et plus tard, tous les autres corps transportés dans les autres embarcations - je constate avec horreur la chose suivante: la majorité des individus a la tête fracassée: il s’agit d’exécutions ! Les Khmers Rouges ne se sont pas contenté de faire irruption et balayer la salle de rafales de leurs AK47, ils ont froidement exécuté chacune de leurs victimes d’une balle dans la tête: tous, indifféremment, hommes, femmes, vieillards, petites filles, petits garçons et bébés inclus.

Dans tout le va-et-vient de la foule d’enquêteurs, de menuisiers - qui déjà s’activent sur place à la confection de nombreux cercueils rudimentaires - et de curieux qui circulent dans la salle, j’observe dans un coin une petite fille, d’une dizaine d’années, secouée de sanglots incontrôlables et manifestement emportée par un chagrin incommensurable. Je m’approche d’elle et reste à ses côtés ne sachant trop que faire. Chaque fois que la couverture sous laquelle reposent les dépouilles de tous les membres de sa famille est soulevée par quelques journalistes TV ou enquêteurs, voire par de simples curieux, elle hurle d’horreur à la vue insupportable des cadavres mutilés de ces êtres aimés ainsi massacrés. Mes fonctions ne font plus masque (voir billet précédent) et j’ai la gorge serrée et beaucoup de mal à retenir mes larmes ; je tente de consoler la petite, mais elle est seule au monde, perdue dans un océan de souffrance. Dans un geste maladroit de compassion, je pose ma main sur son épaule, mais elle la repousse aussitôt dans un cri et un geste brusque. Je me déteste, je me hais d’avoir même essayé, et de lui avoir ajouté ce tourment inutile. C’était stupide de ma part, comment consoler une petite fille qui vient d’assister à l’exécution de sa maman, de son papa et de ses petits frères ?  Je reste pantois, meurtri de compassion et abattu par l’impuissance. En observant encore la fillette, je remarque qu’un doigt de sa main gauche a été tranché - sans doute par une balle - et que la plaie est encore à vif laissant l’os apparaître. Mais la petite, toute à son chagrin, ne semble même pas s’en être aperçu. Puisque ce n’est plus que la seule et unique chose que je puisse faire pour elle pour l’instant, je m’enquis de trouver le médecin de l’APRONUC et lui indiquer la fillette. Celle-ci refuse d’abord qu’on l’aborde, mais le médecin peu à peu parviendra à la soigner.

Face à de telles souffrances, causées par la cruauté, et surtout la bêtise humaine, je me sens pris moi aussi par une bouffée de haine et de violence. Je voudrais me saisir d’une de ces Kalachnikovs et aller abattre à mon tour ces bêtes assoiffées de sangs de Khmers Rouges! Triste réflexe désespéré. Comme si la violence allait résoudre le problème de la violence! En outre, depuis que j’ai reçu les témoignages des victimes, ou que j’ai moi-même été témoin d'atrocités commises par les Khmers Rouges, j’ai du revoir en profondeur les convictions de non-violent engagé qu'étaient les miennes. Bien sûr, je crois toujours à la suprématie de la non-violence sur la violence, mais je ne crois plus à la non-violence comme solution unique en toutes circonstances. Lorsqu’on est face à un régime fanatisé comme celui des Khmers Rouges, dont les soldats sont capables de tirer froidement une balle dans la tête d’une petite fille ou d’un bébé – pour ne citer qu’une seule parmi la longue liste de leurs exactions – il faut inévitablement une force armée, pour les combattre et les mettre hors d’état de nuire. On ne raisonne pas des fous. Avec des gens dont le fanatisme a déjà totalement déshumanisé l’"autre", il est ridicule de tenter de faire appel à leur conscience. D’ailleurs on est mort avant d’avoir pu ouvrir la bouche ou faire le moindre geste de pacification. Les démocraties – surtout les démocraties ! – se doivent de maintenir une armée. Une armée disciplinée et respectueuse du droit bien sûr. Quand on a vu à quoi menaient les régimes sanguinaires tels celui des Khmers Rouges on ne peut plus jamais être un antimilitariste primaire.   

Je sors de la salle vidéo un peu sonné. Dehors, le spectacle est ahurissant: c’est le chaos total. Au milieu de pauvres femmes vietnamiennes en pleurs circulent dans tous les sens des policiers cambodgiens, des policiers onusiens de toutes les nationalités, des marins de la Royal Navy, et des curieux de partout, y compris de l’APRONUC. Des curieux qui n’ont absolument rien à faire ici, et gênent les opérations mais sont venus "voir", et pour pouvoir dire plus tard "qu’ils y étaient"...

Je tente de poursuivre ce qui n’est déjà plus une enquête. En effet, je me rends très vite compte que ces pauvres pêcheurs vietnamiens ne parlent pas un mot de khmer, bien qu’installés au Cambodge depuis plusieurs générations, et mon assistant ne parlant pas le vietnamien, nous voilà bien incapables d’interroger les moindres témoins et victimes. Il ne nous reste plus qu’à suivre de près les quelques rares interprètes vietnamiens qui accompagnent certaines équipes d’enquêteurs de la police. Nous passons d’une barque à l’autre, chaque fois pour trouver plus de corps de femmes et d’enfants, tous aux crânes éclatés, et entendre de la bouche des témoins des récits toujours plus atroces: ainsi, ici ou là, les Khmers Rouges ont-ils arraché les jeunes enfants et bébés des bras de leurs parents, et les ont jetés à l’eau pour qu’ils se noient sous leurs yeux… ce qui expliquait ses mères épleurées, aperçues lors de notre arrivée, fouillant désespérément du regard les profondeurs de l'eau.    

Après plusieurs interviews groupées de ces pauvres familles assommées de chagrin, je me rends bien compte qu’il est impossible de mener à bien une enquête dans un tel chaos, surtout "à chaud", et l’éthique d’une telle approche me met mal à l’aise. Je ne suis pas policier, je suis inspecteur des droits de l’homme, et ma présence, n’est non seulement pas nécessaire dans l’immédiat – puisque c’est trop tard! -- mais en plus elle parasite même le travail des sauveteurs et des enquêteurs puisque je sollicite leur interprète. Face à ce constat, je décide de rentrer et de ne revenir, avec un interprète vietnamien, que lorsque la fumée sera retombée, et que ces gens auront déjà entamé leur deuil.
Pour l’instant, j’aimerais pouvoir rentrer, mais il me faut attendre mes collègues policiers qui rentrent par le même bateau. En attendant, que faire sans les déranger dans leur travail et sans contribuer plus à cette pagaille ? Remarquant que les policiers n’ont apparemment pas pris avec eux d’appareils photos, je tire mon appareil de mon sac et décide de produire les photos nécessaires à l’enquête, ainsi que celles qui permettront de témoigner au monde de la cruauté des khmers rouges [si besoin était encore !]. Mais il n’est pas dans la culture occidentale, en tout cas pas dans mon éducation, de prendre ainsi en photos le malheur des autres, et je ne suis pas journaliste ; c’est donc avec un malaise inexprimable que je m'attelle à la tâche de photographier les scènes du crime, ses corps et ses victimes. Bien m’en prit puisque ces photos servirent effectivement plus tard à étayer le dossier de l’enquête, et à dénoncer l’attaque dans les médias.    

Dans ce chaos indescriptible, le Commandant Delort, de la gendarmerie française, commandant ici les forces de police multinationale de l’APRONUC, et le Colonel Chhea Sophat, commandant les forces de police du gouvernement en place (SOC), tentent comme ils peuvent de coordonner les opérations. La chose est extrêmement difficile, compte tenu du nombre d’intervenants et de curieux qui ne cessent d’affluer et perturbent les opérations de secours et les enquêtes, compte tenu aussi du dispersements et du grand nombre de scènes de crimes sur des bateaux éparpillés sur l’eau à plusieurs dizaines de mètres des uns des autres, compte tenu enfin du nombre de victimes, du nombre très restreint d’interprètes, et bien sûr de l'indisponibilité des témoins.

Un cadavre flottant sur l’eau est repêché, et hissé sur le pont d’un des bateaux. Il s’agit du corps d’un des assaillants khmers rouges comme en témoigne le ceinturon serré au bras droit; signe de reconnaissance qui manifestement ne lui servit à rien puisque, selon les dires des témoins, ce soldat khmer rouge a été tué par une balle perdue tirée par un de ses camarades. Nous constaterons plus tard que les quelques rares soldats khmers rouges qui périrent dans cette opération meurtrière le furent de la même manière: tués par balles "amies". Ce que je n’arrivais pas à comprendre, c’était pourquoi la communauté de ces pêcheurs vietnamiens - passé l’effet de surprise – avait ainsi pu se faire exécuter aussi froidement sans même riposter. C’est alors que j’obtins cette information très dérangeante : cette petite communauté vietnamienne avait justement été désarmée quelques jours auparavant. Quelle ironie et quelle erreur! L’APRONUC était responsable de la mise en œuvre du désarmement des belligérants, mais très vite les Khmers Rouges avaient refusé de s’y plier. Et c’est finalement les gens des plus inoffensifs, tels ces pauvres pêcheurs vietnamiens, qui furent désarmés les premiers par les forces de la CPAF, les laissant ainsi comme des brebis au milieu d’une meute de loups. Ces pauvres gens étaient dorénavant totalement à la merci des Khmers Rouges qui pourtant avaient depuis longtemps manifesté leur volonté d’assassiner tous les vietnamiens, y compris les civils, qu’ils trouveraient sur le sol cambodgien. Voilà bien longtemps que la rhétorique socialisante, communiste, voire maoïste des Khmers Rouges avait fait long feu; on était dorénavant dans une rhétorique jusqu’au-boutiste, ultranationaliste et ouvertement xénophobe, essentiellement anti-vietnamienne.   

Il y a dans le regard de cette femme, témoin et survivante du carnage, 
tout ce que les mots ne sauraient exprimer.
Je rentre le soir, avec dans la tête des flashs douloureux d’images de femmes en pleurs et d’enfants aux crânes éclatés… Le soir même, Yasushi Akashi, le grand chef de l’APRONUC, déclare solennellement à la presse internationale, au sujet de ce massacre : «-it’s not a good omen.» [«-ce n’est pas bon signe»]. Je n’arrive pas à le croire ! C’est toute la condamnation que fait l’ONU de cet acte de barbarie indescriptible !!? Je faisais là mon initiation à la langue de bois, au langage diplomatique onusien. L’ONU tentant toujours désespérément de réunir les belligérants à la table des négociations ne pouvait s’offrir le luxe de condamner l’une des parties (les Khmers Rouges), tout aussi criminelle fut-elle, et cela expliquait cet euphémisme insignifiant de condamnation. Akashi en revanche laissait le champ libre au chef de la composante des Droits de l’Homme, Dennis Macnamarra, mon chef, pour publier une condamnation cinglante et sans équivoque du massacre. 
Au total 36 personnes, toutes civiles, dont beaucoup d’enfants, ont été assassinées au cours de cette nuit de carnage perpétrée par les khmers rouges. Pour un si petit village, c’est énorme, pour l’humanité c’est insignifiant, raison pour laquelle personne aujourd’hui ne se souvient de ce drame. Mais pour les survivants, c’est précisément l’humanité qui n’existe plus, et la vie qui a perdu son sens. 

Aujourd’hui le village flottant de Chong Kneas n’est plus la cible que …des tours opérateurs. De ce fait, il est envahi par les bateaux de touristes qui viennent en permanence frôler les embarcations des pêcheurs pour les prendre en photos… (voir par exemple).  
Si jamais, un jour prochain, vous veniez à visiter cette petite cité lacustre non loin du temple d'Angkor, et que par hasard vous y rencontriez une jeune femme, d’une trentaine d’années maintenant, à qui il manque un doigt à la main gauche, vous serez alors ce touriste plus qu’improbable qui saura l’insupportable tragédie que cette jeune femme a vécu dans son enfance : le massacre de Chong Kneas.

NB. Les photos de ce drame sont postées dans cet album privé. Elles sont là pour prouver la véracité du récit et l’illustrer, mais je les déconseille fortement aux personnes sensibles.

 
Période UNTAC, Inspecteur des Droits de l’Homme, Siem Reap, Cambodge, 1993.

9 commentaires:

  1. Phrase qui résume bien ce post: "Mais pour les survivants, c’est précisément l’humanité qui n’existe plus, et la vie qui a perdu son sens." Cette horreur à l'air irréelle...

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  2. Oups... tristesse, colère et tripes retournées...

    Merci pour votre courage et votre témoignage poignant...

    Savez-vous de quoi on parlait dans l'actualité du 12 mars 1993, 24 heures après votre drame ? Des attentats de Bombay qui ont fait 257 morts et 700 blessés... d'où probablement le fait que l'horreur que vous relatez est passée totalement au second plan, puisque je l'ignorais avant de vous lire...

    Dans l'histoire des drames et de l'horreur, je ne sais pas si on pourra dire un jour, c'est fini, plus jamais ça...

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    1. Je n'avais pas réalisé cela; je croyais que les attentats de Bombay avaient eu lieu beaucoup plus tard.
      J'aimerais aussi tellement pouvoir dire "plus jamais ça.." malheureusement, l’actualité semble démontrer que ce serait faire preuve d'un optimisme excessif. Après tout la Première Guerre Mondiale était censée être la "der de der"... Les études d'ethnopolitique semblent aussi démontrer que les peuples ont toujours tendance a s'identifier aux pans de leurs identités qui sont le plus menacés, plutôt qu'aux autres. Ce qui sous-tend que les massacres sont difficilement inévitables. Tant qu'il y aura des "Nous ou Eux" au lieu du "Nous et Eux"... :(
      Merci de ces retours, Ingognitoto!

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    2. C'est un des aspects qui m'intéressent beaucoup dans votre blog, celui des identités... qui est un point qui m'interroge beaucoup sous l'angle politique. Sauf que n'étant pas un grand voyageur et étant incapable d'imaginer que je pourrais tuer pour un drapeau, je manque terriblement d'un vécu qui puisse me faire percevoir, qu'est-ce qui fonde, que des humains se mettent à tuer pour ça... pour "préserver leur identité".

      Rappelons-nous que la première Guerre prémisse barbare du siècle le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité a eu un précédent : selon certains historiens la conquête des Amériques a fait plus de morts que le 20ième siècle... mais il est vrai qu'on a longtemps douté que les peuples autochtones avaient une âme...

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    3. C'est vrai, le fameux procès de Valladolid... Si j'avais votre email je vous enverrais volontiers un petit texte relatif a cette question lancinante du "comment peut-on ainsi tuer?"
      Merci de vos commentaires et a bientot
      Stephane

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  3. Merci pour ce long témoignage — et pour votre blog, que je trouve très juste et très fin, loin des poncifs du genre. Vivant au Vietnam, j'ai été très sensible à ce que vous avez écrit ici, et je me demande dans quelle mesure les vietnamiens eux-mêmes sont au courant de ce massacre. Je vais sonder mes étudiants !

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    1. Alexis, merci de ce retour.
      Je serais curieux de savoir, moi aussi, si les Vietnamiens - en tout cas ceux qui étaient déjà adultes en 1993 - ont jamais entendu parlé de ce massacre de leurs compatriotes sur le Tonle Sap.

      Puisque vous résidez au Vietnam, je vous invite volontiers à cette petite page sur Hanoï: http://mes-ptites-histoires.blogspot.com/2010/10/hanoi-50-minutes.html. Ressentez vous aussi parfois les choses ainsi dans les rues de la capitale?
      Bien cordialement,
      Stéphane
      (Bangkok)

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  4. J'etais un des Gendarmes francais present sur place.....

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    1. Ravi de vous retrouver alors. Dommage que ce soit en Anonyme.
      Confirmez-vous les faits décrits ci-dessus? Voulez-vous ajouter des choses que j'aurais oublié?

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